Pour un salarié mensualisé, la retenue d’un mois incomplet se calcule en principe avec les heures d’absence rapportées aux heures qui auraient réellement été travaillées dans l’entreprise ce mois-là. Le Smic mensuel complet ne doit pas être comparé tel quel à un mois partiellement travaillé.
Dossier produit par l’équipe éditoriale de SMIC Horaire à partir de sources publiques. Les références et les limites sont indiquées au plus près des affirmations.
Responsabilité et correctionsRegistre des sourcesCe que la mensualisation lisse — et ce qu’elle ne lisse pas
L’article L3242-1 du Code du travail rend la rémunération mensuelle indépendante du nombre de jours travaillés dans le mois pour un horaire déterminé. À 35 heures, la base moyenne est 35 × 52 ÷ 12, soit 151,67 heures.
Ce lissage explique pourquoi février et un mois comportant davantage de jours ouvrés ont le même salaire de base. Il ne garantit pas le mois complet lorsque le contrat commence après le premier jour, se termine avant le dernier ou comporte une absence non rémunérée.
La méthode de principe utilise les heures réelles du mois
La Cour de cassation, le 11 février 1982, a posé le principe suivant pour une retenue par heure d’absence : diviser le salaire mensuel par le nombre d’heures de travail dans l’entreprise pour le mois considéré. La retenue doit correspondre au temps non travaillé, sans créer une sanction financière supplémentaire.
La formule est : salaire mensuel × heures d’absence ÷ heures qui auraient été travaillées dans le mois. Il faut utiliser le planning applicable au salarié et les horaires de l’entreprise, puis vérifier si une convention ou une règle plus favorable maintient tout ou partie de la rémunération.
Exemple d’octobre 2026 avec 35 heures non travaillées
En octobre 2026, un horaire régulier du lundi au vendredi à raison de 7 heures par jour représente 22 jours ouvrés, soit 154 heures, avant toute fermeture ou particularité de planning. Supposons qu’un salarié à temps plein n’en accomplisse pas 35 en raison d’une période non rémunérée. Avec une base mensuelle de 1 867,02 €, la retenue indicative est : 1 867,02 € × 35 ÷ 154 = 424,32 €.
Tableau large : faites défiler horizontalement pour lire toutes les colonnes.
| Élément | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Salaire mensuel de base | Base complète | 1 867,02 € |
| Retenue | Base × 35 ÷ 154 | − 424,32 € |
| Base restante indicative | Base − retenue | 1 442,70 € |
Cet exemple n’intègre ni prime, ni indemnité, ni maintien d’absence. Les logiciels peuvent afficher des arrondis intermédiaires différents ; le calcul doit rester reproductible.
Entrée et sortie : reconstituer le planning couvert par le contrat
Pour une embauche en cours de mois, relevez les heures qui auraient été travaillées avant la date d’entrée selon le planning applicable, puis contrôlez la base due à partir de la période réellement couverte par le contrat. Pour un départ, faites le même travail sur les heures postérieures à la fin du contrat.
Ne divisez pas automatiquement le salaire par 30, par le nombre de jours ouvrés ou par 151,67. Ces méthodes peuvent produire des résultats différents selon le calendrier. Les congés payés, jours fériés, absences indemnisées et horaires aménagés obéissent en outre à leurs propres règles : classez chaque événement avant de calculer.
Contrôler le Smic sur un mois incomplet
Un bulletin réduit par une entrée, une sortie ou une absence ne doit pas être comparé mécaniquement au Smic mensuel d’un mois complet. Pour les heures rémunérées, la somme du salaire de base et des éléments admis dans l’assiette doit atteindre au moins le Smic, ou le minimum conventionnel calculé selon sa propre assiette.
Pour tester différentes quantités d’heures sans présenter le résultat comme un droit exact, utilisez le calculateur Smic brut-net. Le brut constitue le repère juridique ; le net varie avec les cotisations, la mutuelle, les avantages et le prélèvement à la source.
Les six pièces à réunir avant de contester
- Le contrat et les dates exactes d’entrée ou de sortie.
- Le calendrier de travail réel du mois concerné.
- Le planning individuel et les éventuels changements d’horaire.
- Le détail des heures d’absence et leur motif.
- La convention collective et les règles de maintien.
- Le bulletin avec la formule ou le nombre d’heures retenu.
Reconstituez le calcul en brut et demandez au service de paie le diviseur utilisé. Notre guide pour lire une fiche de paie aide à distinguer salaire de base, retenue, brut et net. Pour le taux minimum applicable, contrôlez également la fiche Smic de Service Public.